chronique d'une expo, journal de bord

Expophobie, du rêve à la réalité.

Quand je dis que cette expo est compliquée pour moi… Aujourd’hui je me suis levée à 5 heures et des brouettes  tiraillée par l’angoisse (ou de façon moins romantique, par la faim). J’ai toujours envié les gens qui se levaient si tôt mais aujourd’hui que c’était mon tour d’ouvrir les yeux aux horreurs, ça me faisait beaucoup moins envie.

Expophobie, le titre de l’expo.

J’ai annoncé officiellement le titre de l’expo hier :

EXPOPHOBIE.

Je ne crois que ce mot existe, mais il décrit parfaitement mon ressenti face à cette expo.

Au début peu de réactions.

Rassurant.

Puis des gens ont commencé à me contacter :

  • pour en savoir plus,
  • venir parce qu’ils ont raté la dernière,
  • parce que ça fait longtemps qu’ils me suivent et souhaitent voir mon travail en vrai,
  • une connaissance leur a dit qu’elle adorait mon travail et qu’ils ont hâte de le découvrir…

Angoisse.

angoisse-expophobie
Angoisse. Monotype. 80 x 60 cm

Et si vous ne veniez pas ?

Je ne peux pas leur dire :

« cette expo ne sera pas terrible, d’ailleurs j’ai même envisagé de l’appeler FIASCO. Venez plus tôt à la suivante »

parce-que, généralement, quand l’expo commence, je me dis que :

  • finalement ce n’est pas si mal,
  • j’aurais dû inviter des gens.

C’est exactement ce que je me suis dit à la dernière expo à laquelle j’ai participée mais dont personne n’était au courant.

Un oubli plus ou moins volontaire mais, je l’avoue, pas stratégique pour un sous. Je ne peux pas dire :

« la suivante sera mieux »

car alors mes visiteurs vont s’attendre à un truc exceptionnel et donc forcément, seront déçus. Après, ce qui est exceptionnel pour les uns ne l’est heureusement pas pour les autres.

Du rêve à la réalité.

Le rêve.

Lorsque j’ai annoncé, il y a maintenant presque 17ans (j’ai un anniversaire de rêve artistique : le 14 novembre, date à laquelle j’ai terminé mon 1er beau et vrai tableau. Un portait du prince charmant, si on peut dire), que je souhaitais être une artiste je m’attendais à :

  • peindre toute la journée dans mon atelier
  • refaire le monde chaque soir, autour d’un verre avec d’autres artistes.

La réalité ou pourquoi expophobie.

Je ne me suis jamais imaginée :

  • que rien ne serait jamais vraiment acquis
  • qu’à chaque nouvelle plaque je remettrai tout en question comme si je n’avais jamais rien fait
  • devoir refaire mes preuves (preuves de quoi ?) à chaque nouvelle expo comme à la 1ere et qu’un jour, sans raison apparente, je risquerai de me planter lamentablement et de devoir tout recommencer à zéro.

Montfermeil, le 1 novembre 2018.

Chronique d’expophobie :

Liens externes :

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *