la vie à l'atelier

L’histoire d’Arachnoland partie 1 : le premier atelier.

« Waouh ! Mais c’est très lumineux ! » s’est exclamée Joa en découvrant mon atelier pour la première fois.

C’est vrai que lorsque je nomme mon atelier Arachnoland, on s’attend à tout sauf à ça. Retour sur l’aménagement de mon atelier.

Il n’a jamais été prévu que mon atelier soit à Montfermeil. Lorsque je suis partie étudier à Bruxelles, j’envisageais de revenir à Paris et de louer un box dans la résidence où j’habitais pour y installer la partie de l’atelier qui n’aurait pas tenue en appartement. Je me souviens qu’à l’époque j’avais fais de nombreuses études d’aménagement. Elles avaient pour point commun de faire l’atelier à la place de la chambre et de me faire dormir dans le canapé. Souvenirs de jeunesse : lorsque j’ai été admise en école d’art, on a remplacé mon lit par une table à dessin et installé un canapé lit là où ça rentrait.

Mais voilà :

  • je suis allée en Allemagne
  • j’ai découvert la typographie
  • j’ai acheté une presse. Ma toute première. Une presse à bras Gaveaux, d’environ 800kg.

Où l’entreposer en attendant mon retour en France ? Dans la cave de chez ma grand-mère. Les circonstances ont fait que j’habite désormais la maison familiale.

Presse Gaveaux (au 1er plan) et Heidelberg (dans le fond), arrivées à la maison bien avant mon retour en France.

Le nouveau plan d’aménagement était simple :

  • Une moitié du garage pour mes trois presses : la Gaveaux, une Heidelberg (récupérée elle aussi avant mon retour en France), et une presse taille douce qu’on m’avait donné. (L’autre moitié du garage étant pour la voiture et l’établi de mon ami de l’époque).
  • La plus petite des deux pièces serait « la salle propre »
  • Celle restante, mon atelier : table à dessin, meubles à casses (nom savant des tiroirs typo) et labo photo.

J’utilisais très peu l’atelier à cette époque.

  • Je n’ai pas eu la presse taille douce dès le début.
  • La pièce était basse de plafond.
  • Je trouvais ridicule de devoir allumer la lumière toute la journée, même les après-midis d’été.
  • La nature du sol, le rendait toujours crade et poussiéreux.
  • Je ne pouvais pas m’y étirer (je bouge beaucoup). Bref je ne m’y sentais pas à l’aise.
Le premier atelier

Quand j’ai décidé d’y poser mes gouges pour la première fois, il restait dans l’atelier une porte que je n’avais jamais vu ouverte, d’aussi loin que remonte ma mémoire. C’était mystérieux. Je m’attendais à un truc de roman, à un trésor ! Ou une malle regorgeant de souvenirs familiaux. Eventuellement le squelette d’un amant oublié ?
Je venais d’ouvrir la porte sur Arachnoland.

A partir de ce jour, j’ai eu l’impression d’un défilé continuel de monstres. L’atelier est devenu une pièce de stockage et je me suis inscrite à l’atelier aux lilas pour l’estampe et la typographie.

Quelques années plus tard, suite à ma séparation, j’ai récupéré la seconde moitié du garage. J’ai eu une seconde presse taille douce aussi. La même que celle que j’avais aux Beaux-arts mais une taille en dessous (question de prix et non de place). Je trouvais l’atelier très bien, très lumineux. Mais frisquet l’hiver et toujours trop peuplé par des indésirables.

Les araignées d’Arachnoland sont vicieuses. Elles se cachent dans les recoins de l’atelier, et au moment où je me dis que ça y est, la zone est sûre, elles débarquent, sorties de nulle part.
J’ai tenté une cohabitation. Elles me tendaient des guets apens. Recroquevillées dans mes boîtes à outils et pots de pinceaux, elles semblaient toujours prêtent à me sauter sur la main.
Un jour l’une d’elles était juste au dessus de ma table à dessin. J’ai déplacé la table. Elle s’est déplacée à son tour. J’ai reculé la table, et la monstresse s’est avancée. Durant l’après midi j’ai traversé tout l’atelier avec ma table dans l’espoir de pouvoir travailler sans avoir de monstre au dessus de la tête. Finalement je me suis installée dans la cuisine. L’atelier était redevenu une zone de stockage dans laquelle je ne travaillais que pour ce qui était trop salissant.

Avec l’arrivée de la secconde presse, j’allais de moins en moins à l’atelier des Lilas. Uniquement pour la sérigraphie. Et encore, uniquement pour les travaux de précision. Je peux pratiquer toutes les autres techniques ici.
Signe de ma motivation à passer du temps à l’atelier j’y avais installé mes premières perruches et un canapé.
J’ai trouvé des cadavres ennemis devant la cage, et ai été victime d’une attaque par surprise la seule fois que je me suis assise dans le canapé. Les oiseaux ont emménagé dans le salon. Je suis retournée à la cuisine.

Le canapé est parti un jour de printemps dans une Ford Ka, avec ma première presse taille douce, rejoindre l’atelier d’un ami. Ami qui deviendra mon mari dans tout juste deux mois.

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