journal de bord

Luxe et tentation.

 Pouvoir vivre de ce qu’on aime, est-ce vraiment du luxe ou est-ce une chance à saisir ?


Au début du confinement, je me suis dit que c’était l’occasion de tester ce que pouvait être la vie d’artiste réellement. J’ai réussi à gagner de l’argent grâce à mon art depuis chez moi. Un résultat très encourageant. Je voulais voir si j’en étais capable. Et je me suis dit que si j’arrivais à créer et vendre en période de confinement, alors tout était possible ?

luxe, calme et volupté. Matisse.

Le luxe.

Le temps passant, j’ai surtout observé toutes les difficultés des gens alentour.

  • Mon cousin était en alternance et souhaitait prolonger ses études. Avant le confinement, son employeur pensait le garder. Plus maintenant. Ce qui signifie plus de travail et plus d’école.
  • Il n’est pas le seul dans cette situation. L’économie tourne au ralenti de façon générale, et quand je regarde mes amis, peu importe le secteur, ils sont impactés

Pourtant, en tant que professeur, je n’ai rien senti de tout ça. J’ai continué de travailler en m’adaptant et en râlant (parce que c’est bon pour la santé). J’ai commencé par me dire que j’avais vraiment de la chance d’avoir ce poste et que c’était vraiment du luxe de se permettre de le quitter quand tant d’autres en auraient besoin. J’ai même envisagé de revenir sur ma démission mais cela me semblait bien plus douloureux que toutes les difficultés que je pourrais rencontrer à l’avenir.

Tentation.

Jeudi un mail et un contact. Une MJC cherche un prof de gravure. J’ai tout d’abord trouvé l’occasion incroyable ! Je pourrais donner des cours de gravure. Et en plus ça ne semble pas loin de la maison. J’ai d’abord pensé :

« c’est con, j’ai supprimé mon CV et mon book »

puis je me suis souvenue que l’ancien blog existe encore. Mais après réflexion ce n’est pas ce que je veux.

Points positifs :
  • De la gravure.
  • Un salaire stable.
  • Simon aurait adoré pouvoir le faire.
Points négatifs.
  • Quasiment autant de transport que pour l’école.
  • Plus d’heures qu’actuellement donc moins de temps pour mes projets perso. Dont certains devraient me rapporter plus en travaillant moins (enfin pas tout de suite, au début il faut toujours travailler beaucoup plus).
  • Horaires incompatibles avec les activités que je souhaite maintenir et qui portent leur fruits.
  • J’ai déjà expliqué plusieurs fois ce qui m’intéressait et ne m’intéressait dans le fait d’enseigner la gravure et donc pourquoi je ne voulais pas être prof.
  • Retour à la case départ. J’étais prof et je le redeviens (quoique, avec un statu moins avantageux).

Une chance

J’ai eu la chance d’avoir ce travail de prof qui m’a permis d’aller lentement mais sûrement vers la carrière qui me plaît. Le quitter n’est pas un luxe, mais un choix qu’il était devenu indispensable de faire. Mon objectif a toujours été de vivre de mon art, et je suis arrivée à l’intersection où pratique artistique et enseignement ne peuvent plus cohabiter, l’un devant nécessairement prendre le pas sur l’autre.

Une nouvelle aventure va commencer.

Un brin d’optimisme.

Question

J’ai récemment été interviewée par Audrey Bachelier. Je dois avouer que même si je la connais et que nous avons déjà travaillé ensemble, ce n’est que ma deuxième interview et ça reste très intimidant.

Je ne me souviens donc plus du sujet ni des questions, oubliées si tôt raccroché. L’une d’elle m’est néanmoins restée en mémoire parce qu’après coup j’ai trouvé que ma réponse était très optimiste, voire totalement insouciante.

Si je pouvais revivre indéfiniment une période de ma vie, laquelle choisirais-je ?  

Réponse

Spontanément, j’ai pensé à l’enfance, quand mon père était encore vivant. Mais alors que j’allais répondre, je me suis dit qu’il devait être bien ennuyeux de rester un enfant toute sa vie. Trop de choses que l’on nous cache, qui ne sont pas de notre âge. Trop d’interdits. Et même, revivre indéfiniment les mêmes choses n’est-ce pas ennuyeux ?

Si je pouvais revivre indéfiniment une période de ma vie je choisirais celle à venir, qui va commencer maintenant, car c’est enfin celle où je vais pouvoir tout faire pour réaliser mon rêve de vivre de mon art.

Avec le recul, je trouve toujours que je suis extrêmement optimiste mais je ne reviens pas sur cette réponse. Je vais enfin avoir la liberté nécessaire pour vivre mon rêve. Même le simple fait de pouvoir tenter l’expérience je trouve cela extraordinaire.

Montfermeil, le 23 juin 2020.

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *