10 ans déjà, exposition, gravure, sur la route de l'art

Premières expositions.

L’année 2010, en Belgique.

Dernier panneau du triptyque « 10 ans déjà », mes premières expositions.

Je ne me souviens plus trop des expositions de ma première années aux Beaux-arts. Selon la page expo de mon ancien blog, cette année-là elles ont été au nombre de trois :

  • Parcours d’artistes de Bruxelles.
  • Qui dit mieux ?
  • Exposition de fin d’année.

Durant mes études là-bas, il y a eu deux autres expositions assez importantes et une à l’étranger :

  • Ce n’est qu’un début. (2012)
  • L’heure est grave. (2012)
  • 1,2,3 … New Yok, Rio, Tokyo. (2011)

Lors des parcours d’artistes de Bxl, notre école ouvrait ses portes à tout le monde.  Les gens venaient, prenaient des photos et repartaient sans se soucier de qui on était.

Cette année-là, l’expo qui a vraiment compté, et que je considère comme ma première expo, c’est « qui dit mieux ? » à Flagey.

Qui dit mieux ?

Le passage des parques, pointe sèche et monotype. 80 x 210 cm

C’était une expo importante car on exposait sur concours par rapport à un thème : l’effacement. En plus j’étais très fière, c’était la première fois que j’étais sélectionnée dans un concours. D’ailleurs c’est la seule fois que ça m’est arrivée. Certes, j’ai eu des prix (prix Sennelier à un jeune artiste salon de Versailles en 2016 et 1er prix de la municipalité de Montfermeil en 2020), mais depuis « qui dit mieux ? » j’ai toujours été recalée dès les pré-sélections. Même lors des autres concours de « qui dit mieux ? ».

Premier vernissage.

Cette expo c’était aussi mon premier vernissage, avec discours de municipalité, et tout le tatouin. Ma mère avait fait le déplacement depuis Paris, exprès pour être là et m’avait offert un beau cadeau pour fêter l’occasion. Mais ce dont je me souviens le plus c’est d’avoir été choquée par le comportement des gens.

Mon œuvre n’était pas encadrée. Plus de 2m de long, à cette époque je n’avais ni les moyens financiers ni les connaissances techniques pour l’envisager. Sur le cartel il était inscrit « gravure sur métal ». Pour moi, ça coulait de source qu’il s’agissait d’une estampe. Mais les visiteurs, alors qu’ils venaient de manger leurs chips bien grasses, tripotaient mon travail à la recherche du métal.

Les autres expositions.

Tout ça c’était il y a bien longtemps. A l’époque où je pensais qu’une fois que mon travail était accroché, il ne me restait plus qu’à attendre que quelqu’un ait le coup de foudre et achète tout. C’est qu’aux Beaux-Arts, on nous apprend à créer et concevoir. A faire un accrochage harmonieux. Je pensais à me faire un beau CV qui prouve que je suis une artiste et, grâce à Erasmus, j’avais une expo à l’étranger à mon actif.

Démarcher les galeries, vendre, nous n’en parlions que très rarement voire jamais. Mais c’était normal. Je ne sais pas ce que disent les magasines d’orientation pour étudiants de maintenant, mais à l’époque c’était clair :

« Aux Beaux-Arts on forme des artistes, pas à un métier ».

L’exposition l’heure est grave fut d’ailleurs une initiative pour pallier ce problème. J’avais conscience que je ne serai pas la seule diplômée des Beaux-arts à arriver sur le marché. Il me fallait un CV. Une expo donc. Une vraie, dans une galerie, pour voir comment tout se passe. J’ai donc proposé que l’atelier de gravure réalise une expo hors les murs.

L’heure est grave

Nous avons eu beaucoup de soutiens :

  • nos enseignants nous ont trouvé les lieux,
  • des proches ont fait les cartons.

Ce fut un fiasco. J’ai tout de même réalisé deux ventes. Mais ce que je retiens ce sont tous les ennuis que ça a causé :

  • Le père d’un proche avait fait nos cartons, mais l’école n’en voulait pas. Ceux de l’école n’étaient pas mieux. Il y a eu un premier conflit et nous n’avions pas les mêmes cartons. Tout dépendait de qui était ami avec qui.
  • Enfin nous nous sommes disputés avec le galeriste. L’idée était que nous lui donnions, en remerciements, chacun une œuvre. Mais voilà qu’il a commencé à faire ses courses, à décider que telle œuvre ne fonctionnerait qu’en triptyque avec celle-ci et celle-là, ou à choisir des monotypes. Finalement, le galeriste a annulé toutes les ventes.
  • Après ça, certains de mes camarades ont décidé qu’ils n’exposeraient plus jamais. J’ai récemment découvert qu’ils avaient aussi abandonné l’art.

Créer son métier.

P’tillaume était d’un tempérament inquiet, nerveux. En première année, il avait demandé à notre professeur – auquel je vouais une totale admiration – comment gagner sa vie en tant qu’artiste. Ça lui semblait tellement impossible. Je n’ai pas suivi le discours mais je suis arrivée pile au bon moment pour entendre une des réponses.

« Il faut créer son métier. »

Xavier Michel

Phrase à laquelle j’ai très souvent repensé depuis et que je comprends de plus en plus chaque jour. C’est le genre de phrase anodine qui synthétise à elle seule trois années d’apprentissage et d’expositions.

Mon travail lors de l’expo ce n’est qu’un début.

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