comment créer

Le risque créatif

Lorsque j’ai dit à Maman que j’étais bien embêtée pour l’article d’aujourd’hui car je ne savais pas du tout comment créer, elle s’est écriée :

Comment ?! Tu ne sais pas comment créer ?!!!

Comme si en tant qu’artiste je devais nécessairement connaître la formule par cœur. Elle a continué avec :

C’est simple, au début il y a l’inspiration.

Et quand il n’y a pas d’inspiration, il y a … la page blanche ? Parce-que l’inspiration divine qui tombe du ciel, ce n’est pas tous les jours. Alors avant même l’inspiration, je dirais qu’au début il y a la motivation, l’envie de faire quelque chose.

Envie et motivation.

On a tous des inspirations, des idées de génie qui nous tombent dessus puis qu’on ignore par manque de temps, d’envie ou de motivation pour se lancer.
Effectivement les contre arguments sont nombreux :

  • Déjà fait.
  • Beaucoup de temps pour pas grand-chose.
  • Après réflexion ce n’est pas si bien que ça.
  • Ce n’est pas le moment.
  • Trop cher à réaliser.
  • Je n’ai pas les compétences requises.
  • Trop de travail pour une seule personne.

Et la liste peut encore s’allonger. Chaque idée ayant son lot de points négatifs, il est important de les prendre un par un et de les démonter. Et une fois que c’est fait, il faut une bonne dose de motivation pour investir pleinement la création malgré les risques.

Un beau voyage.

Nous l’avons vu le mois dernier, la création renvoie à une idée d’invention, d’originalité, de nouveauté. Si quelque chose n’a jamais été fait, comment peut-on être sûr de son résultat ?

Créer c’est un peu comme partir en voyage. On choisit une destination qui a l’air sympa, on planifie ce qu’on voudrait voir mais rien ne garantit qu’on ne sera pas déçu au bout du compte. Dans tous les cas ça reste une (belle) aventure à partager.

Satisfaction et ténacité.

Ainsi la création demande un investissement personnel et temporel, ainsi que financier. En échange elle ne nous promet qu’une aventure à partager. On parle du plaisir de faire sois même, de la satisfaction éprouvée. On ne peut en parler qu’une fois fini. Ou quand on a suffisamment rencontré cette satisfaction pour savoir qu’il y a plus de chances de la trouver que de risques à ne pas l’y voir. Sinon, il faut de la ténacité.

Tout investissement comporte un risque plus ou moins grand. Et moins le résultat est sûr plus le risque est grand. Or, comment savoir que quelque chose qui n’existe pas plaira ?

Le risque de l’exposition.

Le simple fait d’exposer pour un artiste représente un risque. Sans parler des frais de galerie, d’encadrement… je parle de la réception des œuvres vis-à-vis du public. On n’y pense pas forcément jusqu’au moment où l’on se demande si on va oser montrer ça. Si on peut vraiment mettre cette « croûte » peinte une nuit d’insomnie. Probablement son plus mauvais travail, témoin d’une nuit atroce…

D’ailleurs quand on me parlait d’exposer, je n’étais jamais prête. Je n’avais pas le niveau. Encore tant de chose à apprendre. Parce-que finalement mes premières expos, celles des Beaux-Arts, ça faisait un peu parti des devoirs et on était protégé par l’école.

Le public pouvait ne rien comprendre, on était les artistes de demain et on voulait avoir une bonne note pour l’exam.

La prise de risque que nous sommes prêts à prendre est ainsi fonction de l’investissement demandé et de la probabilité du résultat.

Vivre de son art.

Il y a peut-être aussi une notion de foi qui entre en jeu. Si on croit en ce qu’on fait, on s’y investira plus. Pour dire cela je me base sur une expérience personnelle : le projet encore secret sur lequel je travaille avec Olivier. Ca fait exactement trois ans, que nous nous réunissons chaque semaine pour y travailler. Et la semaine dernière seulement, pour la première fois, nous avons demandé à quelqu’un d’intégrer l’équipe.

Si on veut vivre de son art, il faut un investissement complet de sa personne dans la création et tous les à côtés (formation, communication…) or a priori rien n’est moins sûr que l’art (bien qu’il soit probablement la création la plus ancienne de notre monde). S’investir à 110% sur quelque chose d’aussi aléatoire est donc un risque énorme.

Alors avant même, la recherche, les croquis, l’inspiration … pour créer il faut l’envie de créer et le courage de prendre ce risque.


Personnellement, je trouve qu’être artiste est bien moins risqué que de jouer au casino mais n’ayant jamais été au casino…

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