la vie à l'atelier

Anatomie de l’atelier : fondations.

3 points essentiels pour aménager son atelier.

Comment ai-je aménagé mon atelier ? Lieu vivant et en perpétuelle évolution, il est le reflet de ma façon de travailler, mais pas seulement.

En effet, mon atelier prend aussi en compte les critères environnementaux :

  • Lumière.
  • Humidité.
  • Température.

Tout le monde pense à la lumière quand il s’installe. Mais il y a plein d’autres petites choses a priori anodines qui pointent le bout de leur nez à chaque changement. Alors mieux vaut y penser dès le départ.

Lumière !

un mur en brique de verre est une excellente alternative à la fenêtre dans un atelier.
Source lumineuse devant laquelle se situe la table d’encrage. On ne me voit pas de l’extérieur et ni le vent ni les pollutions du dehors ne viennent entraver mon travail.

Jour naturel vs jour artificiel.

Les trois critères cités ci-dessus sont ceux qui ont guidé mes principaux choix. Comme pour l’aménagement d’un jardin, pour aménager un atelier, il est indispensable d’observer le trajet de la lumière. La lumière naturelle étant la mieux. Certes, si on n’a pas la chance de disposer d’une véritable source de lumière extérieure on n’est pas foutu pour autant. Il y a les néons et les lumières couleur du jour. Personnellement je n’ai pas aimé.

J’ai visité de nombreux ateliers ne disposant pas de fenêtres et, dans le premier atelier le manque de luminosité extérieur était un grand frein pour m’y sentir à l’aise. Aussi lorsque j’ai découvert l’ancien garage qui est l’atelier actuel, spontanément nous avons installé un plan de travail devant le pan de carreaux de verre et des puits de lumière au plafond.

Ensuite, nous avions prévu des néons pour compléter les zones de lumière et éviter les ombres projetées. Néanmoins suites au réaménagement de septembre, il a fallu ajouter de nouvelles lumières pour les zones situées entre les deux puits de lumière.

La lumière est dans les détails.

Quand j’ai aménagé le premier atelier, j’étais impatiente. J’ai simplement retenu que si la lumière venait du ciel, il fallait donc créer des ouvertures dans le toit.

L’amélioration lumineuse que je souhaiterais vraiment apporter est une porte vitrée. En effet, le coin acide se trouve dans un coin près de la porte du jardin. Le néon avait été placé pour éclairer trois zones à la fois, mais celle-ci est la moins lumineuse.


De plus, en fin de journée le soleil passe vraiment par cette porte, en faisant ainsi la principale zone lumineuse du moment. Et il y a quelque chose de magique dans le fait que cette partie, habituellement la plus sombre, puisse soudain éclairer la moitié de l’atelier !

Fenêtre où mur de briques de verre ?

Spontanément vous allez me dire : “bien sûr la fenêtre ! Pour se rafraîchir l’été et surtout pour ventiler les nombreux produits pas toujours bons pour la santé que l’on utilise.”

Cependant avez-vous pensé :

Plan de travail devant la fenêtre.
La fragilité du papier
empêche
l’ouverture de la fenêtre.
  • Au vent.
  • A la pollution extérieure.
  • A l’espace occupé par l’ouverture des battants.

Dans la salle à papier, le plan de travail est juste devant la fenêtre finalement je ne l’ouvre jamais. Mais je ne change pas pour autant la disposition car … Lumière !

Dans tous les cas, je vous conseille de mettre une moustiquaire et d’entrouvrir la fenêtre si vous devez vous installez devant. Si vous devez changez la fenêtre, choisissez là à oscillo battant, avec une ventilation intégrée dedans. Autant de petites astuces auxquelles je n’avais pas pensé à l’époque et qui se font sentir maintenant…

Si vous faîtes de gros travaux et que vous disposez d’une autre source d’aération, les carreaux de verres sont vraiment à envisager. Outre qu’il n’y a pas les problèmes cités précédemment, vous pouvez avoir une surface aussi grande que voulue. A prendre en compte cependant que vous ne verrez pas l’extérieur, seule la lumière passera.

Température et humidité, y penser avant d’aménager l’atelier.

Une question de confort.

Le simple fait d’avoir un espace dédié à l’art est une chance.
Avoir un chauffage est un luxe.
Ne pas souffrir de l’humidité est une bénédiction.

Certes il y a de grands veinards qui ont tout. Mais je ne les ai jamais rencontrés.

Eau chaude.

Franchement, quand je parle d’aménager mon atelier et que le premier point que j’aborde est celui de l’eau chaude, on se dit vraiment que je chipote. On n’y pense pas tant l’important est d’avoir de l’eau. Les ateliers les mieux équipés où j’ai pratiqué ne disposaient pas de l’eau chaude. Effectivement ça ne manque pas. Sauf quand l’hiver arrive, que l’eau n’est plus froide mais glacée et que vous êtes vous-même gelé(e). Mon expérience m’a montré que souvent l’absence d’eau chaude allait de pair avec un atelier mal chauffé.

Bref, c’est uniquement un avis personnel, mais devoir se laver les mains à l’eau glacée relevait pour moi de la torture. La gravure étant une activité salissante il faut plus qu’un peu d’eau et de savon pour redevenir présentable. J’avais fini par sacrifier une paire de gants pour camoufler mes mains en attendant de rentrer chez moi, pour les laver à l’eau chaude…

Chauffage.

J’ai déjà parlé du radiateur chauffe fesse. La passion nous permet de travailler par temps froid. Le plus froid que j’ai eu était 4°C avec le chauffage. Le white spirit s’était gélifié (pas gelé comme un glaçon mais plutôt transformé en une pâte gélatineuse).

Ce n’est pas parce qu’on est passionné qu’on est prêt à tout supporter.

  • Il faut s’habiller en conséquence. C’est-à-dire s’orienter vers des vêtements de ski et autres sports des neiges afin de perdre le moins de liberté de mouvement possible. Doudoune et création ne font pas bon ménage.
  • L’activité artistique du jour doit être active. Toute réflexion ou méditation entraînera au mieux l’hibernation au pire quelques jours au lit.

L’isolation et le chauffage de l’atelier sont ce que j’ai abordé en second et en y accordant beaucoup d’importance. Et malgré cela, l’hiver il fait 15°C, parfois moins.

Une question de qualité.

Lorsque j’étais étudiante j’ai passé des heures à imaginer l’aménagement de mon futur atelier.

L’erreur que j’ai commise est de l’avoir pensé comme un appartement. C’est-à-dire comme une pièce déjà équipée de tout le confort souhaitable. Mais un atelier n’est pas un appartement et chaque artiste a des critères bien définis :

  1. L’espace aménageable.
  2. La lumière.
  3. La solidité du sol, dans le cas d’un matériel de poids, comme mes presses.

Le plus souvent c’est sous les toits, dans d’anciens lofts, usines, entrepôts, ou, pour ma part, dans une cave, que nous trouverons (ou devrons créer) notre bonheur. Des lieux n’ayant à priori pas le confort d’un appartement.

Une œuvre saine dans un atelier sain.

En affirmant cela je ne sous-entends pas que si vous êtes bien installé et heureux dans votre atelier, vous serez plus productif (quoique c’est mon cas) mais plutôt que vos créations se porteront mieux. Les matériaux avec lesquels nous travaillons sont sensibles à leur environnement. Il est acquis que le bois est une matière vivante mais je dirais que tout ce qui se trouve dans l’atelier est vivant. De l’encre qui sèche au papier qui moisit.

Hygrométrie.

Hygrométrie, nom savant de l’humidité, est un autre point auquel il peut être judicieux de penser dès le départ.

En tant que graveur, en plus des encres et de tout le matériel “classique” de l’artiste, j’utilise du papier et des métaux. Autrement dit des matériaux qui craignent l’humidité.

La salle à papier.

Le papier est très sensible aux variations de températures, pas de changements brusques. Un temps trop sec et il se craquèlera jusqu’à tomber en miette. Au contraire par trop d’humidité et c’est la moisissure assurée. De plus le papier ne se dépoussière pas.

Une pièce de mon atelier, la « salle propre » est consacrée exclusivement au stockage et à la conservation des œuvres et papiers.
Etant dans une cave, la pièce demeure fraîche peu importe la saison. De petites dimensions, il est facile de la chauffer de manière équilibrée.
J’ai tout de même pris quelques précautions :

  • Rien en contact direct avec le sol où les murs.
  • Des meubles spécialisés pour le stockage des papiers.
  • Usages de papier de soie et de carton de conservation.

Les seuls fléaux de la salle à papier sont un chat qui a testé et approuvé le moelleux des papiers gravures ; et un sol en béton qui s’émiette (problème auquel je remédie avec du lino).

Les métaux.

La principale partie de mon atelier, est l’ancien garage. Je disposais d’un budget afin d’aménager l’atelier dans les règles de l’art mais malgré les efforts de chauffage, d’isolation et une toiture refaite à neuf, je suis encore victime des désagréments liés à l’humidité.

Je retrouve parfois quelques « objets modèles » qui ont moisi mais ce qui demande le plus d’attention, ce sont les machines. Mon atelier n’est pas suffisamment humide pour rouiller le cylindre de ma presse (heureusement) mais il y a deux points faibles qui peuvent engendrer de véritables catastrophes :

2 fuites d’eau. Uniquement certains jours de pluie associée à un certain sens du vent.

  • L’eau rentre sous la porte du jardin.
  • Une fuite au niveau du toit, que personne ne comprend.

En attendant de trouver des solutions il faut en tenir compte dans l’aménagement. Connaissant cette faiblesse, à la moindre goutte d’eau je vais installer un bac, au cas où.
En rentrant d’un week-end, j’ai eu le malheur de me retrouver les pieds dans l’eau et de découvrir mon massicot tout rouillé parce-que je me pensais plus rusée que la pluie.


Mon atelier est une pièce vivante. La façon dont je l’occupe et interagis avec lui est fonction non seulement de mon travail mais aussi des éléments extérieurs. L’aménagement s’adapte aux saisons et je continue de l’améliorer jour après jour comme une création sans fin.


Les différents ateliers où j’ai pratiquer la gravure et qui m’ont inspiré pour aménager le mien :

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