10 ans déjà, écrits sur mon travail., une oeuvre, une histoire.

Crevette à la manière noire sur son lit de Fabriano. An 2012.

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Crevette à la manière noire sur son lit de Fabriano. Manière noire, 32 x 56,5. 2012.

Crevette à la manière noire … est ma toute première manière noire et je dois avouée que j’en suis très fière. C’est d’ailleurs ma seule manière noire puisque la 2nd tentative fut soldée par un échec cuisant.

Mais cette crevette a aussi une histoire, des souvenirs qui la rendent importante.

L’odeur de la crevette.

Je travaille toujours d’après modèle, aussi cette crevette vient d’une barquette, probablement achetée au Delhaize à Bruxelles. Si j’ai mangé ses consœurs j’ai pris soin de la conserver précieusement.

Chaque matin, à 7h, arrivée à l’atelier, je la sortais de sa boîte de transport. Le soir je la ramenais à la maison et la congelais pour la nuit.  
J’ai fait cela pendant plusieurs jours. J’étais chaque fois la première arrivée, ou précédée de peu par P’tillaume. Aussi quand les autres étudiants arrivaient, une odeur de marée flottait déjà dans l’atelier…

Le prétexte de la crevette.

La tradition.

D’un point de vue technique c’est l’époque où je cherchais à assimiler la tradition au geste créatif :

Lorsqu’une édition est terminée, il est coutume de détruire la plaque pour garantir qu’il n’y aura pas d’autres exemplaires. Je trouvais que ce geste était douloureux, équivalent à celui de Dorian Gray qui poignarde son propre portrait.

Le geste créatif, un geste vital.

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étude de crevette.

Mais avec la crevette je ne mettais pas fin à un travail. Je lui donnais une nouvelle vie. Ainsi, une fois achevée l’étude de crevette, j’ai coupé la plaque au niveau de la tête et de la queue afin de les séparer du corps.

Comme lorsqu’on les mange. Je reproduisais donc à travers l’art, ce même geste vital. Expérience que j’ai poursuivie avec pomme perdue.

Digestion.

Si détruire la plaque tenait quasiment de la performance à l’époque, maintenant non.

J’imprime mes matrices jusqu’à l’indigestion sauf si mes nombreuses recherches les ont effacées avant. C’est comme ci je vidais la plaque de sa substance pour obtenir l’estampe.

A la fin je ne supporte plus cette matrice avec qui j’ai vécu tant de choses pas toujours faciles. L’estampe est un bon souvenir. Et puis j’ai besoin de récupérer les dos des anciennes matrices pour les nouvelles créations. Quitte à découper.

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