écrits sur mon travail., gravure, une oeuvre, une histoire.

La collection du cabinet des souvenirs.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai une âme de collectionneuse. Je ne collectionne rien en particulier. Je collectionne la vie, les souvenirs. J’adorerais être capable de me défaire de tous ces petits objets qui prennent la place et la poussière, qui sont trop hétéroclites pour être classés. S’en débarrasser certes, mais si j’oubliais ?

En ce sens les cabinets de curiosités, avec leurs pot de formol, animaux naturalisés, et toutes leurs merveilles disparates et cohérentes me font rêver.

collection de bocaux
Collection de bocaux présentée lors de l’expo “ce n’est qu’un début” au Dexia Art Center.

Confiture de souvenirs.

C’est l’époque des études aux Beaux-Arts de Belgique, puis en Allemagne. Autrement dit je voyageais souvent. Et j’ai beaux être arrivée dans le pays avec une valise, j’ai vite accumulé les petits souvenirs… Sans parler du fait que j’ai un sérieux problème avec les pots, boites et contenants en tout genre (un meuble de l’atelier leur est consacré.)

Vient le moment de faire les cartons.

  • Trouver comment et où ranger toutes ces collections de souvenirs.
  • Organiser et répertorier de manière cohérente pour les retrouver plus tard.
  • Entasser parce-que je ne peux pas jeter ce qui pourrait-être utile et que je n’ai plus le temps d’être rationnelle.

Puis vient le moment de défaire les cartons.

Six mous plus tard, retour à Bruxelles.

La valise avec laquelle je suis partie en Allemagne occupe désormais le coffre entier d’une grosse Mercedes. La valise avec laquelle j’étais arrivée en Belgique occupe désormais tout un garde meuble. Je trouve un nouveau studio. Il est temps de déballer.

La boîte à souvenirs.

Elle est mon premier bocal. Fruit du hasard, elle contient ce que je ne savais pas où ranger :

  • Adam et Eve,
  • un singe
  • l’allumeur d’une lampe à l’huile.

Je ne sais toujours pas quoi faire de ces objets, je les abandonne dans un coin.

Par dépit, je me retrouve en cours de photographie argentique. Que vais-je bien pouvoir photographier ? Mon oeil s’arrête sur le bocal, poser sur l’étagère d’une bibliothèque. L’inspiration vient.

Bien trop beau pour faire une photo, il contient plein d’objets que j’aime. Ils sont sous verre, à l’abri du temps.

la boite à souvenirs, 42 x 32 cm, eau forte au trait et à l’aquatinte, lavis. Un exemplaire rehaussé. 120€ chacun.

La collection de bocaux

A partir de là, durant une année je me suis épanouie. Tout ce que je souhaitais conserver, je le mettais dans des pots puis je le gravais. Je me suis fortement inspirés des pots de formol (je m’en étais même procuré mais pas top). Et je gravais. Je gravais ces objets souvenirs sur le métal comme pour les graver dans ma mémoire.

  • collection du repas de Noël
  • collection d'un dimanche à la campagne

Mémoire collective.

Petit à petit je suis passée de la mémoire personnelle à la mémoire collective (Blanche Neige, le Petit Chaperon Rouge). J’ai même créé mes propres comptes, comme avec l‘Ange déchu.

  • collection de petit chaperon rouge
  • collection de blanche neige

Et après ?

La première version de cette article date de 2012, année de création des bocaux. A l’époque j’envisageais d’en faire d’autres, que j’avais listé dans l’article. Je n’ai pas oublié cette envie alors un jour peut-être :

  • La petite sirène
  • Pièce anatomique 129,
  • Le prince grenouille (bocal assemblé et offert par une copine de l’atelier de dessin)
  • La naissance de Vénus
  • et pourquoi pas la Gorgone …

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