Quand l’appétit va, tout va. Lentement mais sûrement. Le goûter c’est sacré. Tant qu’il y a du métal, il y a de l’espoir. Une bonne journée commence par un bon repas. Il est plus facile de faire un marathon que de se priver de dessert. La girafe a tout pour réussir : les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Tout se grave, tout s’imprime. La gravure jusqu’au bout du monde.

Biographie.

photo-biographie-artiste-oeuvre

Au salon de printemps de Montfermeil.

Sortir des habitudes.

Née en 1986, à Paris j’ai tout de suite voulu faire un métier qui sortait des habitudes. De médecin sans frontière à grand reporter-photographe, en passant par prof d’équitation et écrivain poète, j’éprouve aussi un attrait pour les métiers rares, ou de conservation. Ce qui m’anime c’est l’aventure, le rêve, le partage, l’autre, la transmission, la mémoire.

Le choix de l’art.

Bien que l’art plastique fût toujours présent dans ma vie, c’est au lycée que je décide de m’y consacrer pleinement. A partir de ce moment, ma vie tourne autour de l’art, depuis les études jusqu’aux nombreux voyages que j’ai eu la chance de faire.

En 2012, après des études à l’Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles, où j’obtiens un Master 2 spécialisé en images imprimées avec les hautes distinctions du jury, je rentre en France. Je m’installe en banlieue parisienne, à Montfermeil.

Il me faut quelques temps pour reprendre mes marques et installer mon espace de création. Je trouve un emploi de professeur d’arts plastiques au collège et lycée et la routine s’installe.

Le choix de la gravure.

Enfant, je souhaitais
faire un métier « en voie d’extinction. » Les savoir-faire
traditionnels, l’artisanat, les beaux objets me faisaient rêver et je voulais
contribuer à la préservation du rêve. En grandissant, je me suis orientée vers
l’art. Mais que choisir ? la peinture ? le dessin ? La sculpture ?
Ce monde est tellement riche.

Lorsque j’ai découvert
la gravure, j’ai trouvé le compromis entre toutes mes aspirations. J’avais l’impression
de sculpter un dessin, de peindre une sculpture puis de relever l’empreinte de
la sculpture. La gravure se présentait à moi comme la technique hybride par
excellence : celle dans laquelle j’allais pouvoir faire tout ce que je
veux tout en ayant l’air « spécialisée dans » comme nous le
demande la société. De plus j’y retrouvais mes envies de jeunesse :
tradition, savoir-faire… Un autre avantage : le fait qu’il s’agissait d’un
art du multiple allait me permettre de le partager, d’en faire profiter le plus
grand nombre.

Attention, je n’ai pas
eu un coup de foudre immédiat pour cette technique. Il a fallu que nous nous
apprivoisions l’une l’autre. Mais ça, c’est une autre histoire…

Action !

En 2015, je décide de passer à l’action. C’est maintenant ou jamais. Je dis « oui » à toutes les opportunités que je trouve et intègre le groupement intensité, un collectif d’artiste qui réfléchit sur l’exposition et le lien au public. A partir de ce moment les expositions vont s’enchainer.

Trois ans plus tard, je rencontre Kanno Ritsuwo, fondateur de l’atelier Outotsu, un atelier de gravure à Nihinomya, dans la région du Kansaï. Nouvelle opportunité, nouvelle rencontre, nouveau coup de cœur. Je ne réfléchis pas et lui annonce que je pars au Japon.
Il ne peut pas me recevoir l’été même, mais il m’attend pour 2019. Je passe donc l’année à préparer l’aventure. J’étudie le japonais, 6ème langue étrangère à mon actif (que voulez-vous, je suis bavarde…) et fonde la résidence 1001 km d’artistes en partenariat avec Olivier Wahl, dans le but de financer mon séjour.

Ce séjour au Japon fut décisif. Quelques minutes après la rentrée de classe, je comprends que ma place est dans mon atelier et annonce que je quitterai mon travail à la fin de l’année scolaire.

Oui j’ai quitté le boulot de vos rêves !

 J’étais prof. Ca veut dire que j’avais droit à 16 semaines de congés payés ! Le rêve de beaucoup d’entre vous. En arts plastiques en plus ! Autant dire la cour de récrée… en CDI qui plus est ?!  Un fonctionnaire qui va pouvoir vivre sa vie à l’abri du danger. Je ne vais pas me plaindre quand même.
Tels sont les arguments que j’ai si souvent entendus de la part de gens n’ayant jamais enseigné.

 
Lorsque je disais qu’un jour je démissionnerai, ce n’était pas qu’une vague idée. Être artiste était mon but. Prof, était une étape sur le chemin et je ne m’en suis jamais plainte. J’ai eu la chance, au cours de mes 8 années d’enseignement d’avoir des élèves extraordinaires. Mais l’enseignement est un métier et être artiste en est un autre. Nous avons le même socle de compétences à la base mais nous nous spécialisations et développons des axes différents. Vous l’aurez compris, ce n’est pas ici que vous entendrez qu’un prof d’art pla est un artiste sans talent, qu’un artiste n’a pas de technique et qu’un artisan n’a pas de créativité. Tout trois nous aimons l’art, tous trois nous aimons transmettre, partager des émotions et / ou un savoir-faire. Prof d’art plastiques, artisans d’art ou artiste, tous 3 sommes aux services d’une seule et même passion : l’art.

Non je n’ai pas eu peur.

Bref, lorsque j’ai senti qu’il était temps, que j’étais prête à me lancer, je n’ai plus hésité. Je n’ai jamais eu peur de quitter cette vie bien rangée, stable et sécurisée. J’ai laissé les autres s’inquiéter pour moi. Nous avons tous nos propres rêves et dès mon 1er jour dans une salle de classe (de l’autre côté du bureau), je savais que j’étais là pour préparer mon départ. Ce n’était qu’une question de temps avant de me lancer comme artiste. Mes collègues et mes différents chefs d’établissement l’ont toujours sû et m’ont soutenu dans cette démarche en aménageant mes horaires, en étant compréhensifs et en me laissant une grande liberté. (J’en profite pour les remercier). D’un certain côté on peut dire que j’ai pris 8 ans, avant de quitter mon boulot.

Démarche.

atelier gravure

Persévérance, authenticité, expérimentation.

Rigueur et persévérance ne sont pas antagonistes de liberté. Ils sont des moyens de l’atteindre.

Laura Loriers.

Persévérance.

Qui n’a jamais entendu :

« c’est en forgeant qu’on devient forgeron ».

Ajoutez à cela, un exemple plus spécifique :

« Combien de temps avant qu’un apprenti scribe égyptien ne trace sa première ligne ? »

Saupoudrez l’ensemble d’émissions d’art et d’artisanat qui font rêver.

Je crois qu’avant même d’être artiste, ce que je souhaitais, c’était de réaliser mes rêves et pour cela j’étais prête à prendre le temps qu’il faudrait et à tout essayer. Lentement mais sûrement, pas après pas.

Authenticité.

Je ne cherche pas à vous séduire, ni ne ferai rentrer mes créations dans une case pour mieux vous plaire.

Ce qui prime c’est l’échange et le partage. Chaque estampe est le témoignage sincère d’une histoire, d’un vécu. Et s’il y a tant de diversité c’est que j’ai la chance d’avoir une vie riche d’expérience. Et tout ça c’est en parti grâce à vous.

Expérimentation.

J’aime l’aventure. Expérimenter. Relever des défis, progresser, découvrir, apprendre sans cesse. Mon but n’est pas de faire chaque jour mieux que le précédent mais de donner chaque fois le meilleur de moi-même.

S’il est une chose que je déteste, c’est bien de me reposer sur mes acquis. Et l’estampe m’offre par sa richesse, le moyen d‘explorer sans cesse de nouveaux horizons.

Rendre l’éphémère éternel.

Je souhaite vous offrir quelque chose de durable, un morceau d’espoir, comme un matin de ciel bleu après une nuit de tempête.

Laura Loriers

Quel étrange paradoxe de vouloir laisser une trace dans un monde ou tout se jette, les objets comme les relations. Sans parler du temps qui semble avoir un don pour nous filer entre les mains quand tout va bien et se reposer quand tout va mal.

La mémoire, c’est un sujet qui m’habite de part mon vécu, mes expériences personnelles. Quoi de plus horrible que de ce retrouver face à un être cher qui ne vous reconnait plus ? Quoi de plus frustrant que de voir des souvenirs, aussi précieux que des trésors, s’effacer, se modifier ?

Graver dans sa mémoire.

Notre cerveau est une matrice enregistreuse. Il est façonné par le temps. Les images qui s’y impriment sont celles qui sont répétées. Celles qui s’y gravent sont issues de fais marquants. L’usure, atténue ou modifie plus ou moins ces souvenirs. En ce sens, quelle différence entre un cerveau et une plaque de cuivre ?

Je grave pour ne pas oublier. Je grave pour m’approprier la vie, l’encrer dans mon cœur, la posséder.

Tout n’est que prétexte.

Je n’essaie pas vraiment de dire quelque chose, j’essaie de faire quelque chose.

Francis Bacon.

Vous l’aurez compris, comme le dit si bien F. Bacon, je n’essaie pas vraiment de dire quelque chose mais de faire quelque chose. Voir même de m’approprier quelque chose. Ce qui compte c’est de créer. Ce qui m’anime c’est la gravure. Mon véritable sujet c’est l’exploration de ce médium. A partir de là tout n’est que prétexte pour créer la rencontre.

Un grain de folie.

La richesse est dans la diversité.

Laura Loriers.

Un peu de folie n’a jamais tué personne. Bien au contraire elle embellit la vie. La folie est aussi ma réponse au monde.

Le graveur fou est né parce-que j’en ai eu marre qu’on me dise ce qu’est la gravure et comme elle doit se pratiquer. Chaque fois qu’on essaie de me faire rentrer dans une case, je tente l’extrême opposé de ce qu’on attend de moi, et cherche une idée folle, un truc que je n’ai encore jamais fait et dont on dira “j’y crois pas”.

La vie est trop courte pour se cantonner à ce que l’on attend de nous. Alors mordons la à pleine dents et dessinons la à notre envie, comme l’acide mord le cuivre selon les lignes que nous y avons tracées.

Articles de presse.

Quelques articles de presse rendant compte de mes expositions et interventions avec les villes.

  • article presse

    Mars 2019, journal municipal de Montfermeil.
  • article presse

    Janvier 2020, journal municipal d’Aix en Othe
  • Août 2020, publication mensuelle de l’atelier Outotsu
  • Septembre 2020, journal municipal de Montfermeil.